Virgine Simon: « Le choix des associés est le point critique dans la création d’entreprise » | Prisme à Idées

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Virgine Simon: « Le choix des associés est le point critique dans la création d’entreprise »

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Facebook, Twitter, ou encore MySpace font partie du quotidien de chaque internaute. Ces réseaux sociaux ont connu un essor considérable ces dernières années. Ils regroupent des millions d’utilisateurs  et exercent une influence de plus en plus forte sur l’actualité et notre vie. J’en suis moi-même un utilisateur inconditionnel. Dans le domaine des sciences, les réseaux sociaux aussi se développent. MyScienceWork est l’un d’entre eux, à la fois plate-forme de travail dédiée aux scientifiques et base de données bibliographiques en Open Access. Je rencontre aujourd’hui Virginie Simon, sa présidente et co-fondatrice.

Virginie est entrepreneuse à seulement 29 ans. Elle me reçoit près de Bastille, à Paris-Pionnières, structure d’aide à la création d’entreprise dédiée aux femmes. C’est dans ce lieu que MyScienceWork se développe. Elle m’y parle de son entreprise et de son parcours. « J’ai d’abord commencé par des études de biologie à l’Université de Tours, avant d’entrer à l’Université de technologie de Compiègne (UTC) en spécialité biotechnologie. » Intéressée par la recherche, elle s’inscrit en parallèle au Master 2 de Génétique à l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC). Son stage de fin d’études à Nanobiotix, startup innovante fondée par Laurent Lévy, la motive à poursuivre par une thèse CIFRE au même endroit. Elle y étudie les interactions entre les cellules cancéreuses et les nanoparticules. « J’ai pu travailler sur plusieurs sujets et cela fut très enrichissant pour moi. » Son doctorat lui donne alors d’autres idées.

« J’avais à cette époque  la certitude que je voulais entreprendre, j’ai donc choisi d’intégrer une startup. » Sa thèse lui ouvre les yeux sur des points qui vont la pousser à fonder MyScienceWork : « Mon sujet était très multidisciplinaire. Je collaborais régulièrement avec des physiciens et des chimistes. Je me suis rendue compte que chacun avait ses outils de recherche bien spécifiques.» Elle remarque aussi qu’il n’est pas toujours évident d’avoir des informations précises sur les chercheurs et leur parcours. « Je trouvais le système de publication assez aberrant : mise au format compliquée, difficultés pour publier, système de paiement pour accès aux publications… J’ai voulu créer une base de données multidisciplinaire en Open Access, regroupant articles et thèses en ligne. »

En parallèle, Virginie vit l’évolution de Nanobiotix : « Durant ma thèse j’ai assisté à de nombreux recrutements, des levées de fonds, des déménagements… J’étais immergée dans le développement de la startup. Ce fut très formateur pour moi. »

Son diplôme de docteur obtenu, Virginie décide de s’associer avec Tristan Davaille pour fonder MyScienceWork. « Je le connaissais depuis le lycée. Il a fait l’Ecole Supérieure de Commerce de Reims (ESC Reims) et maîtrisait donc bien l’aspect financier nécessaire à la création d’une startup. » Si vous demandez à Virginie quelle est LA variable la plus importante dans la jungle de l’entreprenariat, elle vous répondra sans hésiter : « Le choix des associés est le point critique dans la création d’entreprise. Les plus brillantes idées du Monde s’écroulent sans une bonne entente au sein des fondateurs. Il faut aussi former une équipe la plus complémentaire possible. Si tu entreprends sur Internet il est essentiel d’avoir une personne qui est capable de développer la structure technique du site. » Quelles sont les qualités nécessaires pour entreprendre ? « On doit être très indépendant, avoir beaucoup d’énergie, être optimiste et combattif ! Les gens qui sont pessimistes et se laissent abattre facilement ont moins de chance de réussir » me confie-t-elle.

Virginie suit quelques formations avant de se lancer dans la grande aventure de l’entreprenariat. Elle recrute-ils sont maintenant huit-et pose les bases de MyScienceWork. « L’idée est de faire travailler les scientifiques de toutes disciplines confondues ensemble. On leur propose donc un réseau social adapté, une véritable plate-forme de travail commune. » L’interface comprend les mises en contact classiques, un fil d’actualité, un calendrier d’événements scientifiques, une rubrique services et une consacrée aux groupes de travail. Cette dernière permet aux chercheurs, ingénieurs, post-doctorants de travailler ensemble, si nécessaire dans la confidentialité indispensable au dépôt de brevet ou à la publication. Les statuts de l’entreprise sont déposés en 2010. Le site www.mysciencework.com est mis en ligne en 2011 dans sa version bêta.

« Plus qu’un réseau, nous avons voulu proposer un espace avec un véritable contenu. » MyScienceWork regorge d’informations sur les chercheurs, qui peuvent intégrer publications et thèse à leur profil. Le site veut aussi simplifier l’accès aux connaissances scientifiques. « Nous avons identifié une trentaine de bases de données en Open Access dans des domaines comme la biologie, la médecine, l’économie, le droit… Nous les indexons et créons une base de données multidisciplinaire intégrée, entièrement gratuite. Notre objectif : répertorier une dizaine de millions d’articles ! » me souffle Virginie avec enthousiasme.

Existe-t-il un réseau semblable ? «Researchgate nous ressemble et a été créé en 2008. Je l’ai connu après avoir eu l’idée de créer MyScienceWork et ne m’en suis donc pas inspiré. Mais son succès nous a aidés à convaincre les investisseurs. »

Concernant ton parcours, y-a-t-il une personne en particulier qui t’a influencée ? « Non, c’est plutôt un chemin personnel que j’ai suivi, même si j’ai été marquée par le modèle de Nanobiotix» me répond-t-elle.  Quant à l’entreprenariat au féminin, Virginie admire la présidente d’Universcience : « Claudie Haigneré est pour moi quelqu’un d’impressionnant et de très interdisciplinaire. Elle a été médecin, biologiste, première femme française dans l’espace,  ministère de la Recherche… J’ai eu la chance de la rencontrer à plusieurs reprises. »

Dans un futur proche Virginie va lancer la version officielle du site, et y intégrer le blog d’actualité scientifique blog.mysciencework.com. Ambitieuse, elle a d’autres idées pour développer son concept : « Nous allons proposer un service d’installation de nouveaux sites pour les Universités, sur le modèle de MyScienceWork. Cela leur permettra d’avoir une plateforme nouvelle génération répertoriant les publications et activités de leurs professeurs. L’an prochain nous envisageons de nous développer à l’échelle européenne.»

Ingénieur et docteur en biologie, Virginie a eu l’ambition de se lancer très jeune dans l’entrepreneuriat. Son réseau MyScienceWork n’en est peut-être qu’à ses débuts, mais son modèle pourrait bien faire partie du quotidien des chercheurs et des Universités d’ici quelques années. C’est tout le bonheur qu’on lui souhaite.

 

Nos innovateurs ont chacun un endroit qu’ils affectionnent particulièrement, en lien avec leur histoire personnelle et professionnelle. Virginie nous présente ici son lieu favori et nous explique les raisons de son choix:

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