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Sébastien Burlet : inventer le futur du paiement mobile

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Sébastien Burlet est le directeur de Lemon Way, une start-up installée à Montreuil (93) qui porte un gros projet : Payon’s. Je l’ai rencontré le 13 octobre, à 13h, après plusieurs mails, dates et coups de téléphone. Un peu en retard mais très sympathique et de bonne humeur, il m’a raconté son histoire dans la salle de réunion de Lemon Way. Une histoire d’entrepreneur.

Tout commence pour lui par un parcours d’ingénieur informaticien à SupInfo, une école de Montreuil en Seine Saint-Denis. Il enchaîne sur une formation de 6 mois dans une petite entreprise – filiale d’une entreprise américaine Merlin Gerin (qui n’existe plus aujourd’hui, rachetée par Schneider Electric) – spécialisée dans le nucléaire  qui fait de l’innovation dans la radioprotection

Pour éviter son service militaire, il part aux Etats-Unis exporter l’innovation de son entreprise : un logiciel de radioprotection centralisé ; car si les américains sont bons en productivité, ce n’est pas le cas pour la radioprotection des hommes. Il y a donc tout un apprentissage de la sécurité et un accompagnement des personnels à effectuer pour que les hommes travaillent en sécurité vis à vis des rayonnement radioactifs. C’est là qu’il y apprend le métier de manager de l’innovation. « Il faut convaincre et expliquer comment mieux travailler mais aussi faire tout un travail de marketing et de vente autour de l’expertise apportée ».

Parti aux USA avec une innovation, il revient en France, en 1997 avec une autre : Internet. Nous sommes, en effet, aux débuts du développement de la « bulle ». Convaincu qu’Internet sera incontournable dans les prochaines années, il se lance en 1999 et monte avec trois associés sa propre entreprise – Sunflowers Services – spécialisée dans la création de sites internet dynamiques.

Nouvelle idée : aller voir les banquiers – un secteur traditionnel – pour leur proposer d’autres façons de communiquer (sites internet, email, etc.) qui auront un impact sur la relation avec le client. Il réussit alors à toucher la première banque française en Europe, HSBC, qui incorpore un système d’email et se lance avec un site internet.

« Ce qui est difficile, c’est de faire sortir une innovation des laboratoires pour la vendre à un marché de masse. Et c’

est encore pire dans un

secteur traditionnel »

qui nécessite des décisions compliquées à prendre. Cependant, petit a petit, l’idée fait son chemin… si bien qu’aujourd’hui, certaines banques n’existent que sur internet !

« L’innovation ne dure pas des années. Soit elle reste dans les laboratoires, soit elle devient un standard… Mais souvent l’industrie se l’approprie. L’innovation est à la portée des start-up ou des PME puis est prise par l’industrie. » Il revend ainsi cette première entreprise en 2006 et prend 6 mois pour réfléchir à autre chose dans le secteur de l’industrie du logiciel « Mon métier c’est d’essayer de convaincre, d’inventer demain, d’inventer le futur ».

Pour faire simple, Sébastien est parti du constat (comme pour internet) que notre téléphone mobile, que l’on a toujours sur soi, est devenu indispensable. Retournant voir le milieu de la banque, il prédit que les téléphones seront des cartes bleues. « Nous sommes en 2007 . À ce moment, ni Iphone, ni smartphone ne sont encore sur le marché ».

Il crée la société Lemon Way, s’installe à Montreuil, convainc le ministère de la recherche et Oseo, dépose des brevets… mais il se heurte à une difficulté : faire tenir l’innovation le temps que le marché arrive en Europe. Les premiers tests grandeur nature sont donc réalisés en Afrique et au Moyen-Orient, régions du monde où tout est à faire…

Avec le débarquement des smartphones et de webservices comme twitter, les banques arrivent logiquement sur les mobiles. Il aura fallu trois ans. « Si le cheminement de pensée a pris plusieurs années, c’est aussi parce qu’il fallait arriver à matcher quelque chose de très sérieux, le paiement, avec des sortes de jouets comme l’iphone. »

Les travaux ont du être menés en coopération avec des laboratoires de recherche du CNRS, de l’Institut Telecom de Paris et d’autres structures. « Le plus dur étant de trouver le bon laboratoire qui avait la bonne technologie et surtout avec qui le courant passait bien pour arriver à faire aboutir un projet commun ! »

Pour finir, Sébastien esquisse une définition de l’entrepreneur : « un processus qui tourne autour de trois mots clés : inventer, oser et arriver à convaincre. » Après avoir passé toutes ses étapes, il en reste une non négligeable : la popularisation. Le lancement de Payon’s en France est prévu pour dans moins d’un mois. Affaire à suivre…

>> Photo CC Flickr : 姒儿喵喵 et weelakeo

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