Olivier, éducateur à l’innovation | Prisme à Idées

L'interdisciplinarité dans la recherche et l'innovation : médias, réseaux, événements".

Olivier, éducateur à l’innovation

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Son parcours débute avec un DEA d’économie publique à la Maison des sciences économiques à Paris où il soutient un mémoire axé sur l’impact des Technologies de l’information et de la communication. Il enchaine ensuite avec une thèse Cifre, qui correspond à un contrat passé entre un laboratoire de recherche et une entreprise.

Cette expérience durera 3 ans à la direction de la stratégie du groupe La Poste. Il y est accueilli via la mission de la recherche, interface entre le monde de la recherche et l’entreprise, qui pouvait hébergeait alors jusqu’à 10 doctorants. Elle est aujourd’hui remplacée par la direction de la prospective et de la recherche après sa fusion avec l’Irepp.

De ce parcours, Olivier en garde un atout indéniable. C’est aujourd’hui l’un des seuls (voire le seul) profil universitaire de la Direction de l’Innovation, ce qui lui permet un travail à deux dimensions : avec des clients d’un côté et avec des chercheurs de l’autre.

Dans les faits, il est aujourd’hui chargé de la veille et de l’analyse stratégique sur l’innovation. En gros, il étudie l’impact des nouvelles technologies sur les activités du Groupe La Poste pour en tirer des pistes d’innovations. « Je regarde les usages associés aux technologies ».

Cela lui permet, avec ses deux autres compagnons de bureau, d’organiser des forums de l’innovation à destination des personnels du groupe, des chefs de projets, de ceux qui font de la veille etc… « Par exemple on a fait un session de travail avec des designers et le résultat a été très inspirant ! Nous n’avons pas du tout la même façon de travailler donc d’aborder les sujets et de penser »

Recherche et entreprise : deux modes de fonctionnement différents

Comme il connait les mécanismes et les temps liés à la recherche, Olivier est à même de travailler avec tous les acteurs qui font de l’innovation. A ce titre, il joue le rôle de pivot. « C’est toujours plus intéressant de travailler avec le monde de la recherche lorsque les projets ont une durée supérieure à un an ».

Il travaille beaucoup avec la Fing sur des signaux faibles, qui seront visibles dans 3 à 5 ans ou des projets en émergence. « On n’est pas en amont de l’innovation, mais en amont de l’amont !  » (rires) Plus globalement, être l’interface entre la recherche et l’entreprise suppose de pouvoir traduire les problématiques d’entreprise en thématiques ou pistes de recherche, et réciproquement de vulgariser des résultats académiques en opportunités d’innovations.

L’innovation chez La Poste, c’est surtout des innovations de service et d’usage, l’entreprise n’a pas toujours la souplesse nécessaire pour absorber des innovations de rupture. Mais le groupe possède une force non négligeable : son maillage territorial. Le réseau est très bien implanté sur tout le territoire avec ses 17 000 points de contacts. L’idée ? En faire un potentiel « réseau des réseaux ».

Pour Olivier, être à l’interface du monde de l’entreprise et de la recherche se traduit notamment par le projet Identité Numérique qui réunit des chercheurs, une start-up et une grande structure (La Poste). Tout en sachant qu’il est difficile de faire communiquer les trois, en France la recherche et l’entreprise étant deux mondes qui se parlent assez peu.

En effet, ces derniers vivent dans des rythmes et des temporalités différentes. Autant le premier assure la rigueur et la profondeur des concepts, autant le travail avec des consultants est tout à fait différent. Les deux ne focaliseront pas sur le même point de détail ou le même verrou.

Innover dans une grande entreprise

« Je crois que l’innovation ne se fait pas seul dans son entreprise, on a besoin d’être ouvert à son environnement» Mais dans une grande entreprise, qui plus est non technologique, la culture de l’innovation n’est pas forcément évidente car elle va être sensible aux évolutions de l’environnement sociales et technologiques qui impactent ses pratiques.

Dans le cas du groupe La Poste, le problème du monopole vient augmenter l’absence de culture du risque. De fait, si cette culture n’est pas éteinte, elle n’est en tous cas pas favorisée spontanément. « Par l’intermédiaire de notre outil collaboratif (Bluekiwi),je recherche en fait les profils internes innovants, qui ont des idées pour les pousser mais aussi pour pouvoir m’appuyer sur eux comme relais. »

De plus, dans un futur proche, deux atouts se dessinent : d’une part, une ouverture à la concurrence et de plus les innovations technologiques. La priorité est donc donnée à la pédagogie, l’éducation à l’innovation « même si La Poste ne porte pas l’innovation de rupture dans son ADN, c’est en train de changer ! ».

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