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Halim Madi conceptualise la nano-économie

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Halim commence par une terminale S (spécialité maths) au Liban avant de venir en France pour suivre deux ans de sciences économiques à l’université Paris I – Panthéon-Sorbonne. Là, il y rencontre « des gens de tous bord, très intéressants », qui lui font germer cette idée de « nano-économie ».

L’économie qu’il découvre à l’Université est très mathématisée, avec des hypothèses manifestement absurdes. Admis dans le magistère BFA (Banque-Finance-Assurance) à Paris-Dauphine, il remarque que ces hypothèses ont atteint la sphère financière et que les équations utilisés pour modéliser des produits financiers sont extrêmement complexes… Plus encore, les stages d’été en banque lui font prendre conscience que « le pouvoir prédictif des sciences économiques est quasi nul. »

Les sciences économiques ne peuvent rien prédire

Exemple :  un physicien pourra dire où se retrouvera une boule de billard si elle est frappée avec une force donnée. Pour ce qui est de l’économie… Est-ce qu’un économiste peut dire à quoi ressemblera l’économie si on lui injecte un milliard de dollars ? C’est de l’approximation à l’état pur, et encore… L’exemple est devant nous outre-atlantique, là où la crise a frappé le plus fort. »

Deux sciences économiques apparaissent : celles du monde académique et celles du monde professionnel. Selon lui, la première est un savant fou qui essaie de faire en sorte que le monde ressemble à ses modèles. La deuxième est « une dame arrogante » qui considère que le monde est inclus dans son modèle. « Les deux ont reçu une gifle en 2007. Le staff économique d’Obama lui a conseillé d’injecter autour de 800 milliards de dollars. Pour autant, ce n’était clairement pas suffisant. Mais les économistes n’avoueront pas qu’il fallait en injecter plus ! »

Autre exemple. Est-ce que cette quantité d’argent que le gouvernement américain et la banque fédérale américaine ont injecté va mener à une inflation ou à une déflation ? D’après lui, les économistes peuvent au maximum avancer « qu’il y a des CHANCES que ce soit une déflation sur le court-terme et une POSSIBLITE d’avoir une inflation sur le long-terme. Si on demande une date, il n’y aura pas de réponse. C’est de la météorologie ou de la sismologie. »

La nano-économie, c’est les gens

Les individus, plus que jamais, sont des sur-individus dont l’impact est démultiplié par le développement des réseaux, la démocratisation de la technologie, de l’information et de la finance. Pour Halim, il est devenu prioritaire que les sciences économiques se penchent sur le sujet. « Non seulement, c’est indispensable mais cela a surtout été rendu possible grâce à la masse de données sociales disponibles aujourd’hui. »

Il ajoute avec le sourire que « c’est un peu [sa] fierté

que personne n’utilise le mot nano-économie pour se référer à ce dont [il] parle et que personne ne le voit comme une discipline avec le potentiel d’une science. »

Néanmoins, certains chercheurs comme Nicholas Christakis ou Jukka-Pekka Onnela, tous deux à Harvard, utilisent la masse d’informations disponibles pour comprendre la société, mais Halim souligne qu’ils n’étudient que les effets de réseaux.

L’expérience TEDx ParisUniversités (TEDxPU)

« J’ai découvert TEDxPU en voulant moi-même monter un TEDxSorbonne mais l »équipe de TEDxPU avait une idée meilleure en fait, pour apporter TED dans le monde universitaire. » Très grand fan des conférences TED , il regarde énormément de vidéos. « Je me suis inscrit parce que je pensais que la nano-économie était un concept intéressant à exposer. » Il trouve alors son idée assez mature pour pouvoir la tester et voir si elle tient le coup face à la critique.

Il y a eu une première sélection sur la base des vidéos envoyées sur Internet. Chaque participants avait 3 minutes pour expliquer rapidement son idée et seuls 20 étudiants ont été retenus. « Nous nous sommes tous rencontrés à l’occasion d’un « Educamp » pour apprendre à connaître le concept TED, se familiariser aux idées des uns et des autres, s’entraîner. »

Pour lui c’est aussi un challenge : sa préparation s’est faite en parallèle d’un stage chez Allianz Global Investor, à peine terminé le jour de la finale. « Je ne me suis considéré préparé que lorsque j’ai été sûr de pouvoir défendre logiquement chaque point de mon exposé. »

Quand on lui demande ce qu’il s’est passé sur scène, Halim répond du tac au tac [que] « c’était magique ! Incroyable. On te donne une scène pour parler de ce qui te passionne le plus, ce qui te fait veiller les soirs de la semaine, te lever le dimanche matin (!). Je n’étais pas spécialement stressé. Le coeur battant oui. Ultra-enthousiaste surtout. »


Actuellement en stage dans une entreprise de conseil entre Dubai et Beyrouth, dans la section « Services Financiers », Halim fait le tour de tout ce qui touche à l’industrie, à la finance et aux sciences économiques. Mais ce qui l’intéresse, c’est de continuer à couvrir et rester au courant de tout ce qui touche à la nano-économie.

« Je veux bien structurer mes idées, enrichir le concept, voir quels économistes empruntent cette voie. » La recherche l’attire c’est sur mais s’il en en fait il précise aussi que ce serait dans l’idée de monter une boîte qui exploite ce concept. « Je pense que de tous temps, il y a eu des tendances similaires qui apparaissaient aux quatre coins du monde, pour exprimer un besoin, une nécessité. Je crois que dans le monde d’aujourd’hui, on n’attendra plus longtemps avant de voir les choses changer. »

>> Les  images FlickR de Sanyiaas ne sont pas en Creative Commons.

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