Aurélie Bordenave: « La curiosité est très importante pour être illustrateur scientifique » | Prisme à Idées

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Aurélie Bordenave: « La curiosité est très importante pour être illustrateur scientifique »

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Etant enfant, je m’intéressais déjà à la science. Cette dernière devient plus accessible aux jeunes et au grand public grâce aux illustrateurs scientifiques. Aux frontières de l’art et de la science, ils utilisent leur savoir et leur talent au service de la vulgarisation. C’est donc avec une certaine curiosité que je rencontre Aurélie Bordenave, illustratrice scientifique, près du bassin de la Villette.

Dans un bar près de la Rotonde, Aurélie commence à me narrer son aventure. Après un Bac scientifique, elle obtient un BTS en communication visuelle. Elle envisage un temps de devenir dessinatrice de bandes dessinées mais se dirige finalement vers l’Ecole Estienne. Elle y prépare un diplôme supérieur d’art appliqué (DSAA) en design d’illustration scientifique.

« L’école nous formait beaucoup sur le dessin du corps humain. Cela m’a permis d’acquérir de bonnes connaissances dans le domaine notamment par des dissections. » Aurélie, passionnée d’anatomie? « Pas vraiment, je m’intéresse davantage à la chimie, à l’astrophysique et aux sciences de la terre. » A la fin de son école, elle a l’opportunité de travailler sur un projet qui la passionne: « J’ai réalisé un livre d’astrophysique pour les enfants. En vingt questions j’ai expliqué et illustré, en partenariat avec Roland Lehoucq,  des bases sur la trajectoire de la lumière, les étoiles, le spectre électromagnétique… »

D’où lui vient cette passion ?  « Hubert Reeves avec son livre Poussières d’étoiles et Stephen Hawking m’ont donné le goût de l’astrophysique. Ce sont eux qui m’ont donné envie de m’orienter vers la vulgarisation. »  Après son école, elle complète sa formation par le Master de Journalisme Scientifique de l’Université Paris Diderot. « Cela a été un bon complément à la formation d’Estienne, j’ai pu acquérir les compétences rédactionnelles et théoriques nécessaires à la vulgarisation scientifique. » Un savoir utile à Aurélie, pour qui la réflexion constitue un gros travail en amont de chaque dessin.

Ce fut le cas pour le livre  « Tout tout tout… sur la chimie », qu’Aurélie me montre à la table du café. Ce projet a été réalisé pour des jeunes, en collaboration avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Elle y explique les bases de la Chimie sous format illustré. « Ce livre plaît aux enseignants, il est désormais utilisé comme outil de travail auprès de collégiens. » me confie-t-elle, fière de ce projet.

Actuellement illustratrice indépendante et graphiste-maquettiste en agence de communication, Aurélie multiplie les collaborations et les projets. « J’ai réalisé de nombreux dessins pour Science et Vie Junior. J’illustre une rubrique que j’aime beaucoup dans le magazine Ciel et Espace, pour faire ses premiers pas en observation ! » Aurélie garde aussi un pied dans le monde de la bande dessinée grâce au collectif Stimuli. Ce dernier réunit artistes et scientifiques qui collaborent autour de projets de médiation scientifique et d’art inspiré des sciences.  « Je participe à l’animation de certains ateliers et donne des cours. Nous apprenons ainsi la BD aux jeunes sur un thème des sciences !» s’enthousiasme Aurélie. Les manuels scolaires sont d’autres clients potentiels pour elle, qui a travaillé avec les éditions Nathan. Son conseil pour ceux qui aimeraient suivre son parcours est d’ailleurs de « persévérer ». L’illustration est un monde très concurrentiel où il faut savoir se faire une place. « Mais je m’épanouis pleinement dans ce métier où l’on apprend de nouvelles choses chaque jour. Je ne m’ennuie jamais ! La curiosité est d’ailleurs très importante pour être illustrateur scientifique. »

Touchant à de nombreux domaines, Aurélie est au carrefour de nombreuses disciplines scientifiques. Patrick Pleutin est un artiste qui lui aussi incarne bien  l’interdisciplinarité : « Il est artiste plasticien, illustrateur, directeur artistique notamment dans le domaine des jeux vidéos. Il écrit et est aussi photographe ! » Quant au monde de la BD sur les sciences, Aurélie me recommande « Le Labo » de Jean-Yves Duhoo : « Ce sont des reportages du dessinateur qui s’est rendu dans divers laboratoires. Il raconte en plusieurs planches ce qu’il s’y passe. » Le web lui, s’est trouvé d’autres artistes: « La plate-forme Strip Science initiée par Pierre Kerner est vraiment intéressante et regroupe de nombreux dessinateurs autour de la science et de la BD. »

Aurélie a encore d’autres projets pour le futur : « J’aimerais beaucoup participer au développement de la médiation scientifique en région où il reste beaucoup de choses à faire contrairement à Paris, pourquoi pas dans le Sud de la France d’où je suis originaire.» Selon elle la vulgarisation devra s’adapter aux nouveaux supports de communication : « Je pense qu’il faudra développer des applications ludiques pour tablettes et smartphones, certaines existent déjà. Illustrer les podcasts radios d’émissions scientifiques pourrait aussi m’intéresser. » Concernant son avenir proche, Aurélie se réjouit de participer aux Journées Hubert Curien en septembre. Elle réalisera un reportage dessiné de ce congrès sur la culture scientifique et technique à Nancy.

Dessinatrice et vulgarisatrice de talent, Aurélie a eu une formation transversale en graphisme, illustration et journalisme. A l’interface de l’art et de la science, ses illustrations à la fois simples et  détaillées initieront, j’en suis sûr, de nombreux jeunes à la compréhension et au goût de la science. Napoléon ne disait-il pas lui-même qu’un bon croquis vaut mieux qu’un long discours ?

 

Nos innovateurs ont chacun un endroit qu’ils affectionnent particulièrement, en lien avec leur histoire personnelle et professionnelle. Aurélie nous présente ici son lieu favori et nous explique les raisons de son choix:

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  1. Les innovateurs du Prisme : ce qu’ils nous apprennent sur l’orientation et l’interdisciplinarité | Prisme à Idées le 17 février 2014 à 0 h 43 min

    […] A cette interface j’ai pu rencontrer deux profils intéressants : Laura Acquaviva, graphiste, et Aurélie Bordenave, illustratrice scientifique. Selon Laura la science et l’art sont parfois très proches : […]

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